Quelques extraits

Quelques articles déjà paru dans notre Lettre

Enseigner au séminaire

 

Cela fait maintenant cinq ans que les cours que je donne au Grand Séminaire de Lille constituent une grande partie de mon activité d’enseignante. Etant de formation philosophique, la découverte des écrits de saint Augustin m’a poussée à entreprendre des études théologiques, commencées à l’Institut Catholique de Lille, et actuellement poursuivies à Paris. Ce que j’ai appris, ce que j’apprends encore, j’ai tenu à le transmettre au sein du séminaire.

 

En dehors du contenu propre aux différentes matières que l'on m'a confiées, c’est l’acte même d’enseigner qui revêt au sein du séminaire toute sa dimension spécifique. On n’y enseigne pas comme on enseigne ailleurs. Pourquoi ? Parce qu’il y va, au-delà du vif désir de partager connaissances et recherches, d’un amour de la Vérité que nous vivons ensemble. Certes, la formation théologique réclame des futurs prêtres effort de réflexion et persévérance. L’exigence intellectuelle est requise et il n’est pas toujours facile d’entrer dans la pensée de saint Thomas d’Aquin... Mais il ne s’agit pas uniquement d’apporter aux séminaristes un contenu. Sans le témoignage, il risquerait de s’apparenter à un pur « flatus vocis 

 

Alors, on me demandera de quoi je témoigne exactement à travers ce service. Je répondrai en m’appuyant sur la doctrine augustinienne de l’enseignement. Saint Augustin est celui qui affirme qu’il n’y a pas d’autre maître pour enseigner, en dehors de Dieu, et que du Christ provient tout savoir. Or, dire cela c’est dire en même temps que, quelle que soit la gratitude que nous puissions porter à un homme, nous ne lui sommes jamais redevables, au fond, de la Vérité que nous découvrons. Car la Vérité libère et elle ne doit pas être conçue comme ce qui crée une dette entre l’enseigné et l’enseignant puisque ce dernier n’en est ni l’origine ni le détenteur. Dès lors, transmettre ce que nous avons reçu est autant un devoir qu’une façon d’honorer Celui par qui nous avons appris. Transmettre un enseignement, c’est faire don de ce que nous avons toujours-déjà reçu. En ce sens, comme le souligne le phénoménologue J.-Louis Chrétien, c’est se porter mutuellement à l’apprendre.

           

Ce dont j’espère témoigner à travers les nombreux cours que je donne aux séminaristes peut donc se résumer dans ces paroles : « Nous n’avons tous qu’un seul maître, et nous sommes condisciples à l’intérieur de la même école ».

 

Condisciple, c’est le mot sur lequel il faut s’arrêter. Etre condisciple, ce n’est pas être chacun, à part, élève du même maître. Mais c’est reconnaître la nécessité d’un espace commun de liens et d’échanges : « en écoutant ensemble, nous écoutons mieux. En apprenant ensemble, nous apprenons mieux. En étant condisciples, nous sommes meilleurs disciples. Et tout cela requiert que nous parlions, que nous en parlions. Que notre parole ne puisse au sens strict enseigner la vérité ne la délivre pas de ses tâches, mais seulement de sa présomption, et donc ne l’envoie à ses tâches que plus vivement ». Tel est en définitive ce dont je voulais témoigner. Telle est également la façon dont je conçois ma tâche d’enseignante au sein du séminaire.                                 

                                                                                                                    PascalineTurpin

 

Flot de paroles

 

  • Saint Augustin, In Ioh. Ev. Tract; XVI, 3, BA, t. 71, p. 819.
  • J.-L.  Chrétien, Saint Augustin et les actes de parole, PUF, épiméthée, p. 109. 

 

 

 

 

Ordonnés diacres en vue de devenir prêtre

 

Dans l'Eglise, à la suite du Christ, tout est centré sur la notion de « service ». Lui, le Christ, le Seigneur, s'est fait « serviteur » : « Le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie. » (Mc 10,45). « Je suis au milieu de vous comme celui qui sert. » (Lc 22,27.)

Se mettre à la suite du Christ, dans son Eglise, c'est accepter de poursuivre son oeuvre de serviteur et la mission de tout chrétien trouve tout son sens dans le service de ses frères.

Le Christ appelle à son service et il choisit tout spécialement quelques serviteurs, mis à part pour annoncer et témoigner la Bonne Nouvelle du Salut dans le monde. Ce sont les ministres ordonnés, évêques, prêtres, diacres.

Dans le ministère, la « diaconie » signifie tout spécialement le service, tel que le Christ nous l'a enseigné, lui le diacre par excellence. Le diacre, aujourd'hui, tend à s'ajuster au serviteur qu'est le Christ.

Ce ministère a été remis en valeur depuis Vatican II. De nombreux diacres, mariés ou célibataires, l'exercent de façon permanente, signe de la présence de l'Eglise dans les réalités de la vie de tout un chacun.

Le cheminement qui mène à la prêtrise fait passer par ce ministère, à vivre dans le prolongement de quelques études et d'une insertion pastorale plus importante, pour participer encore plus à la vie d’une paroisse.

L'enjeu nécessite une attention aux petites choses, qui font la vie de tous les jours et se manifestent dans les rencontres, les partages, les joies comme les difficultés de nos contemporains, pour ensuite célébrer, avec le peuple, la proclamation de la Parole et la présence du Seigneur dans l'Eucharistie.

Le diacre exerce encore son ministère dans les sacrements - baptême, mariage - qui sont des lieux de préparation, de rencontre, d'échange et de vie d'Eglise.

Dans notre monde, en manque de repère et d'absolu, le défi est bien d'apparaître au grand jour et poser question autour de soi par un témoignage qui soit le plus vrai. Pour autant faut-il le faire avec beaucoup d'humilité, en prenant conscience de notre profonde indignité devant la grandeur de ce service qui nous dépasse et qui passe par notre intermédiaire.

 

Raymond DHALLUIN, diacre en vue du presbytérat.

 

 

 

 

Ministères institués

 

 

Dans la formation et l’avancée vers le ministère de prêtre, le premier engagement est le rite d’admission. Viennent ensuite, l’année suivante en règle générale, les ministères institués de lecteur et d’acolyte.

Cette forme existe depuis 1972, à la suite du Concile Vatican II, où la tonsure, les ordres mineurs et le sous-diaconat ont été supprimés pour laisser la place au mode actuel. Les diacres permanents vivent également ce même cheminement. Et d’après le texte de Paul VI, des hommes laïcs peuvent recevoir ces ministères institués, après discernement, pour l’exercice d’un service d’Eglise particulier.

 

Le ministère institué de lecteur (ou lectorat) est le service de la Parole de Dieu.

Celui-ci peut se faire sous de multiples formes:

        * depuis le simple dialogue jusqu'à la recherche en commun des exigences de l'Évangile,

        * depuis la catéchèse jusqu'à l'initiation aux sacrements,

        * depuis l'annonce de Jésus-Christ à ceux qui ne le connaissent pas jusqu'à la proclamation de la Parole dans l'assemblée liturgique.

Mais, pour pouvoir être un témoin fidèle de la Parole de Dieu autour de lui, le ministre lecteur doit avant tout lire la Parole de Dieu, s'en nourrir toujours plus jour après jour.

Le lectorat est manifesté par le don au nouveau ministre par l'évêque du livre de la Sainte Écriture:

"Recevez le livre de la Sainte Écriture

et transmettez fidèlement la Parole de Dieu:

qu'elle s'enracine et fructifie dans le cœur des hommes."

 

Le ministère de l’acolyte (ou acolytat), c’est le service de la prière communautaire et de l’Eucharistie.  Le mot « acolyte » signifie « le suivant, le serviteur ».

Avant de passer de ce monde à son Père, le Seigneur Jésus a confié le sacrement de son Corps et de son Sang à l'Église, comme source de sa croissance, et cœur de sa vie.

C'est aussi le Corps du Christ qu'il est appelé à servir en veillant à ce que les fidèles soient formés à la prière (personnelle et communautaire). "Quand deux ou trois, en effet, soient réunis en mon nom, je suis là au milieu d'eux" dit Jésus (Mt 18,20).

Mais, l'acolyte

ne sera vraiment serviteur du Corps du Christ que s'il en vit lui-même. Que, grandissant jour après jour dans la foi et la charité, l'acolyte sache animer la prière de l’assemblée, y compris en distribuant l’Eucharistie,  pour l’édification de l’Église, avec une attention toute particulière envers les pauvres et les malades. L'acolytat est signifié par la remise au nouveau ministre d'une patène et d'un calice:

"Recevez ce pain et cette coupe de vin

pour la célébration de l'eucharistie,

et montrez-vous digne de servir la table du Seigneur et de l'Église."

 

Lors des célébrations de ces ministères dans les diocèses respectifs, vous avez été nombreux à nous rejoindre par votre présence ou votre prière. Nous

 

 

 

 

vous sommes reconnaissants de nous soutenir dans notre cheminement.

Cette année 2006 sera, normalement, l’année de l’ordination diaconale. Pour l’heure, chacun d’entre nous essaie de vivre au mieux son ministère de lecteur et d’acolyte dans son lieu d’insertion, sous différentes fonctions (lecture lors de la messe, catéchèse, distribution de la communion à la messe ou auprès des malades, préparation aux sacrements du baptême, de la confirmation, du mariage, direction de célébrations de

 

la parole ou de la liturgie des heures, animation de temps forts spirituels et de partages d’Evangile, …).

Grâce à ces ministères, nous souhaitons que la Parole de Dieu et la vie de prière nourrissent chacun d’entre nous dans sa foi, son espérance et sa charité… pour la gloire de Dieu et le salut du monde !

 

Jean-Christophe Neveu, 5ème année

Diocèse d’Arras

 

 

mentions légales |  contact | © Tous droits réservés

Statistiques