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DSCN1470 quelques cours sont dispensés à la faculté de théologie
DSCN1471 Institut catholique de Lille
Voici un article paru au cours de l'année scolaire 2010-2011 dans "la lettre d'infos" du séminaire :
Il y a quelque temps une personne me demandait combien de temps duraient les études pour devenir prêtre. Je lui répondis : « Généralement entre six à 10 ans ». Elle me fit remarquer : « Six ans pour faire la messe c'est beaucoup !!! ». Pourquoi faire des études longues avant d'être ordonné prêtre ?
Étudier... pour devenir prêtre !
Avant tout, il s'agit de ne pas isoler les études du reste de la formation pastorale, humaine et spirituelle. Les études sont au service de la croissance spirituelle, humaine et pastorale des séminaristes. Aussi, chaque séminariste est responsable de sa formation intellectuelle et de celle des autres séminaristes par la manière dont il participe, étudie et en parle. Le Pape Jean-Paul II rappellerait que « le candidat au sacerdoce est lui-même le protagoniste nécessaire et irremplaçable de sa formation : toute formation, même sacerdotale est finalement une auto-formation »
[1]
Les évêques de France soulignent que : « L’Eglise, appelée et rassemblée par Dieu dans l’Esprit-Saint, est tout entière envoyée dans le monde pour annoncer aux hommes l’Evangile du Christ. Le ministère ordonné n’existe que pour servir la vie et la mission de cette Eglise. Ainsi donc, former des prêtres, c’est les préparer à accomplir en vérité et avec générosité, sous la conduite de l’Esprit-Saint, le ministère qui leur sera confié»
[2]. Aussi : « La formation intellectuelle au séminaire a pour but de former des prêtres diocésains pour les équiper en vue du travail pastoral au sein d'une Église missionnaire. »
[3] La visée de la formation intellectuelle – philosophique et théologique – est de former une personnalité chrétienne, sachant librement rendre compte de sa foi avec d'autres chrétiens dans une société plurielle.
Des situations diverses à prendre en compte.
Les séminaristes qui viennent se former à Lille ont des parcours divers. Certains ont fait des études supérieures de deux ou trois ans et parfois sept ou 8 ans, d'autres ont le baccalauréat. Certains ont fait des études scientifiques, d'autres techniques, historiques, littéraires ou sociales.Les études au séminaire représentent pour tous un nouveau cursus. Il faut permettre à chacun de réussir cet itinéraire. Nous essayons de prendre en compte les études déjà effectuées pour ne pas demander aux séminaristes de les refaire. Par exemple, si quelqu'un a déjà une maitrise ou un DEA d'histoire (master), nous ne lui redemanderons pas de refaire tout le parcours historique.
Selon l'âge et le niveau d'étude, nous essayons de proposer des parcours personnalisés que les séminaristes peuvent suivre au Séminaire, au CIPAC
[4] ou à la faculté de Théologie de Lille qui sont nos partenaires pour les études.
La formation intellectuelle est dispensée pendant six ans au séminaire, sauf exception. Certains séminaristes auront fait une année de préparation propédeutique, d'autres quelques années en Groupes de Formation Universitaire, certains en Groupes de Formation en Monde Ouvrier, à la suite de quoi, ils poursuivent leurs études à Lille.
« Au cours des études en premier cycle, l'accent est mis sur l'étude de la philosophie : « en premier cycle, elle sera matière principale»
[5]. Les études en premier cycle permettent un approfondissement et une structuration de la foi personnelle dans une culture postmoderne, relativiste, laïque, pluraliste, et urbaine. Il s'agit pour les séminaristes de comprendre ce monde pour y vivre leur vocation et devenir témoin du ressuscité. L'insistance sur la philosophie, les sciences humaines et l'étude du Mystère Chrétien doit les aider à structurer leur pensée, à entrer en dialogue, à mieux s'exprimer et à rendre compte de leur foi
[6]. L'étude de l'Écriture Sainte doit permettre une relation personnelle et communautaire à la lectio divina et construire la vie spirituelle de chacun. Ainsi les séminaristes acquièrent une intelligence de la foi structurée par l'étude du Mystère Chrétien. »
[7]
« Les études en second cycle sont particulièrement en relation avec la vie pastorale. Elles favorisent « chez le séminariste une progressive maturation qui lui permettra d'être pasteur »
[8]. « … En développant leur capacité à dire cette foi en fidélité à l'Écriture, à la Tradition et au Magistère, et dans le contexte de la culture actuelle»
[9].
Il acquerra ainsi une formation au discernement théologique et une intelligence dans la foi. « … Cet enseignement favorisera l'intégration personnelle de la foi catholique confessée par l'Église. »
[10].
Étudier pour poursuivre un chemin spirituel et humain et préparer un diplôme.
La formation intellectuelle que nous proposons doit permettre aux séminaristes de s'ouvrir à une meilleure connaissance du monde dans lequel nous vivons. Elle se situe donc, en interaction avec les formations humaine, spirituelle et pastorale. Elle doit favoriser pour les séminaristes une meilleure connaissance des divers courants de pensée philosophiques et théologiques. Cette formation doit permettre à chacun une lecture et une interprétation des textes de la tradition et contribuer à l'élaboration d'une synthèse personnelle, même si celle-ci a un caractère provisoire. Chaque séminariste a ,dans ce sens, à rédiger un mémoire pour passer le baccalauréat canonique ou la licence européenne de théologie avec « mention pastorale ».
« Un contrat d'étude est établi entre le modérateur des études et chaque séminariste. Il permet à celui-ci d'être coresponsable de son parcours intellectuel. Ce contrat est redéfini chaque année.
L'avancée vers le ministère requiert la validation de la formation intellectuelle. Pour cela le séminariste doit être à jour de ses travaux en fin de semestre. Cette validation est prise en compte dans la préparation des diplômes canoniques et pastoraux.
Chaque séminariste peut bénéficier d'un tutorat pour l'aider à progresser dans sa formation et développer toutes ses potentialités intellectuelles.
L'équipe animatrice du séminaire et les enseignants veillent à ce que chacun puisse acquérir à son niveau des « savoirs », des « savoirs-faire » et un « savoir-être ». Pour cela ils encouragent le travail de groupe et la recherche personnelle, afin de développer l'approfondissement, l'expression orale et l'esprit de synthèse de chaque séminariste. »
[11]
Six années d'études intellectuelles, c'est long et court à la fois pour se laisser façonner par le Christ. Elles ne sont qu'un commencement, aussi elles ne s'arrêtent pas à la fin du séminaire, elle devront se continuer de diverses manières après l'ordination selon les capacités, les désirs de chacun et les besoins des Église diocésaines.
P. Antonio POLITO
Modérateur des Études.
[1] Jean-Paul II, Pastores Dabo Vobis, n°69
[2] La Ratio Institutionis a été votée par l’assemblée plénière de l’Episcopat de France, le 7 novembre 1983
[3] Charte du Séminaire de Lille de février 2010.
[4] Le Centre Interdiocésain de Pastorale Catéchétique.
[5] La Ratio Institutionis p. 84
[7] Charte du Séminaire de Lille de février 2010.
[8] La Ratio Institutionis p. 77
[9] La Ratio Institutionis p. 95
[10] La Ratio Institutionis p. 95
[11] Charte du Séminaire de Lille de février 2010.
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voici maintenant le témoignage d'un séminariste :
Une mise en dialogue : telle m’apparaît la formation intellectuelle au séminaire. Celle-ci,en effet, ne se réduit pas à l’acquisition de connaissances qui nous enfermeraient dans une sorte de tour d’ivoire : elle a principalement vocation à nous faire entrer dans le mystère du Christ et par là même à nous ouvrir sur le monde qui nous entoure pour mieux annoncer l’Evangile.
-Un dialogue avec le monde : ce n’est pas le fruit du hasard si notre formation commence par une formation philosophique : elle nous aide à découvrir la pensée de l’homme d’hier et d’aujourd’hui, à mieux entrer dans la mentalité contemporaine, à comprendre les principaux enjeux de notre culture. Car aimer, c’est sans doute avant tout chercher à connaître, à comprendre les autres et leurs préoccupations. Cette approche théorique s’enrichit des nombreux partages au séminaire. C’est que les séminaristes provenant de divers horizons intellectuels ont à cœur d’apporter chacun à leur manière leur pierre à l’édifice de la formation.
-Un dialogue avec une personne : La théologie représente l’axe central de nos études au séminaire. Elle est avant tout pour nous l’occasion d’approfondir une relation avec une Personne, celle du Christ. La théologie n’est donc pas pure abstraction : en nous aidant à entrer dans l’intelligence de la foi, elle nourrit notre vie spirituelle. Elle participe à la compréhension des Ecritures, nous fait aussi entrer en dialogue avec l’histoire de notre foi. Car la théologie nous ouvre un chemin de vie en nous donnant de découvrir le Salut, à savoir la relation d’amour que Dieu nous invite à vivre avec Lui. - Un dialogue avec des personnes : Notre formation au séminaire nous prépare à annoncer notre foi dans l’écoute. Par là, elle a bien sûr une visée pastorale. Elle est à même de nous aider à discerner la présence de Dieu dans toute vie, à témoigner de la dignité de toute personne par des paroles et surtout par des actes.
On l’aura compris, la formation intellectuelle au séminaire doit nous apprendre à aimer. C’est dire que notre formation ne sera jamais finie.
Franck HAMEL, 5e Année (2010-2011)